MOTION VOTEE PAR LE CONSEIL D'ADMINISTRATION
DE L'UNIVERSITE DES SCIENCES ET TECHNOLOGIES DE LILLE – LILLE1 LE VENDREDI 23 NOVEMBRE 2007
Le Conseil d'Administration, par sa motion du 9 novembre 2007 a affirmé son opposition ferme à la LRU en demandant son
abrogation et en réclamant l'ouverture d'un vrai débat démocratique.
Il s'étonne de la primauté donnée aux prises de position de la CPU et de certains de ses membres qui ne peuvent en aucun cas s'exprimer au nom de l'ensemble de la communauté universitaire.
Il réaffirme son attachement aux instances légales, paritaires et représentatives qui existent (CNESER, Conseils d'Administration) et demande à ce qu'elles soient consultées et entendues pour toute réforme touchant aux Universités.
Motion adoptée par 25 voix pour, 3 voix contre et 3 abstentions
L'AG SLR/SLU du jeudi 29 novembre a rempli un plein amphi à Jussieu et réuni des membres d'une trentaine d'universités.
Voici la motion adoptée. Les AG de plusieurs universités soumettront également ce texte au vote.
Motion de la première assemblée générale commune des collectifs
«Sauvons l'Université ! » et « Sauvons la Recherche » Jeudi 29 novembre
2007
Nous, membres de la communauté universitaire et de
recherche, quels
que soient nos statuts, nos disciplines, nos universités ou
établissements, sommes réunis à la première assemblée générale commune
des collectifs « Sauvons l'Université ! »
et
« Sauvons la Recherche ». Nous affirmons notre opposition totale à la
loi LRU et plus largement à la politique menée par ce gouvernement et
ses prédécesseurs, qui menace la qualité de la recherche et de
l'enseignement supérieur. Solidaires du mouvement
étudiant, nous
condamnons la répression dont il est l'objet. Nous entendons prendre
part à la lutte engagée pour une université ouverte, collégiale,
démocratique, et un savoir scientifique protégé des intérêts politiques
et marchands. Nous soutenons les revendications exprimées dans les deux
pétitions SLR et SLU, que nous appelons à faire signer massivement.
Nous
ne reconnaissons aucune légitimité à parler en notre nom à la CPU, ce
consortium de présidents d'Universités que le renforcement programmé de
leur pouvoir disqualifie pour représenter notre communauté.
Nous demandons l'abrogation de la loi LRU. Nous nous
engageons à prendre toutes les mesures nécessaires pour obtenir la
suspension de l'application de cette loi et l'arrêt de la politique de
démantèlement du service public de recherche et
d'enseignement supérieur. Nous demandons que s'engage dès à présent un
véritable débat avec tous les acteurs de la communauté universitaire et
de recherche, pour l'élaboration démocratique d'une autre réforme.
Nous
appelons dès à présent l'ensemble des personnels de l'université et de
la recherche à se mobiliser et faire entendre sa voix lors de la
journée d'action avec grève et
manifestations du jeudi 6 décembre.
Bilan de la situation: ca bouge !!!
* 43 universités totalement ou partiellement en grève avec piquets de grève bloquants (ou fermés administrativement) :
Paris
I (site de Tolbiac), Paris III, La Sorbonne, Paris IV (Clignancourt),
Paris VII, Paris VIII Saint Denis, Paris X Nanterre, Paris XIII
Villetaneuse, Rouen, Tours, Caen, Nantes, Rennes II, Toulouse II le
Mirail, Toulouse III Rangueil, Pau, Perpignan, Aix–Marseille I (sites
d'Aix et Marseille), Lyon II, Montpellier III, Lille I, Lille II, Lille
III, Limoges, Brest, Le Havre, Bordeaux I, Bordeaux II, Bordeaux III,
Bordeaux IV, Amiens, Nancy II, La Rochelle, Grenoble I, Grenoble II,
Grenoble III, Orléans, Reims, Saint Etienne, Valenciennes, Poitiers,
Arras, Nice,
* 8 universités sont en grève avec piquets de grève les « journées de mobilisation » :
Clermont, Le Mans, Toulouse I, Rennes I, Chambéry, Besançon, Lorient, Marne la vallée,
* Universités où le personnel a voté la grève reconductible :
Toulouse le Mirail, Lille I, Paris III, Paris VIII, Saint Charles Marseille, Reims, …
Des nouvelles de la Métare : l'AG des étudiants s'est tenue de 13 à 15h. Elle a rassemblé 366 étudiants.
Les étudiants ont présenté un powerpoint issu de leur travail de critique de la loi et de synthèse de propositions alternatives (issues de SLR, Paris VIII, Paris I...etc).
Après un bilan des actions tenues ces derniers jours soulignant la progression de la mobilisation (kermesse place Jean Jaures, journée d'action-débat sur Tréfilerie...),
le débat a porté sur les modes d'action contre la LRU. Plusieurs interventions ont souligné avec quel mépris Sarkozy avait traité le mouvements étudiant lors de son intervention télévisée d'hier soir. La nécessité de continuer une lutte visible est ressortie dans de nombreuses prises de paroles.
De la même manière qu'hier à l'AG des étudiants de Tréfilerie, une intervention a été faite pour exprimer la position du "Comité des personnels contre la LRU". Puisqu'une critique du mouvement souvent entendue est que les dangers de la LRU sont "fantasmés" et non inscrits dans la loi, j'ai rappelé quels étaient les risques des mesures concernant le statut et le mode de recrutement des personnels qui sont elles bien inscrites dans la loi. Clientélisme, perte de liberté de parole, risque pour la qualité d'enseignement: j'ai tenté de lier dangers pour les personnels et pour les étudiants. Bien que la mobilisation locale des personnels soit faible, j'ai rappelé notre soutien au mouvement étudiant et l'importance d'un lutte commune, la journée d'action de jeudi ayant représenté un premier pas. Contre l'illusion de solutions locales et individuelles, il nous faut répondre collectivement.
La nouveauté de cette AG aura été la présence en nombre des membres du Conseil de Fac autour du doyen A. Trouillet. Après une tentative d'intimidation des étudiants par email (annonce de l'impossibilité de maintenir la semaine d'examens avant noel à cause du blocage), certains collègues de sciences ont essayé de mettre la pression sur la question de la validation du semestre. Des arguments malhonnêtes ont été avancés par la responsable de filière Physique : "va-t-on vers un semestre blanc ??" . Seulement 8 jours de cours annulés suffiraient-ils à remettre en cause la valeur éducative de tout un semestre ? Mes collègues auraient-ils la mémoire courte au point d'oublier toutes les situations où des pans de cours entiers n'ont pas lieu certaines années (congé maternité, départ en retraite, changement de maquette...) ? Personne ne crie au scandale et à la formation au rabais dans ce cas.
Les étudiants ont fort bien réagi à ces interventions, relativisant ce qui n'est finalement qu'un petit soucis administratif. L'intervention d'A Trouillet aura eu deux mérites: clarifier le peu de soutien exprimé par de nombreux collègues de sciences au mouvement contre la LRU mais rappeler que les aménagements nécessaires seraient envisagés selon la suite du mouvement.
Le blocage a finalement été reconduit:
190 pour
,152 contre,
24 abstentions.
Les étudiants se sont donnés RV lundi matin à 7h pour le blocage : moment important car la décision de l'administration est d'ouvrir les locaux et de demander aux profs de se tenir prets pour leurs cours, au cas ou le blocage ne se tiendrait pas.
Face au risque de confrontation non-négligeable entre bloqueurs et non-bloqueurs, RV à tous ceux qui le peuvent à 7h à l'entrée de la Fac de Sciences afin de s'assurer que tout se passe dans le calme.
Une action est ensuite prévue dans la journée pour "accueillir" la visite de Fillon à Saint-Etienne (des infos seront transmises dès que possible).
A l'initiative du collectif issu de l'AG intersyndicale des personnels et des collectifs étudiants en lutte de Tréfilerie et la Métare,...